Concept collection couleurs 22-23

Publié par Lila Rousselet le

Introduction

Les couleurs ont un sens, au même titre que les mots que l’on utilise ou encore des types de maille que l’on choisit. On communique à travers nos vêtements et, intrinsèquement, par les tissus qui ont été utilisés pour leur fabrication.

Tout d’abord, nous avions la volonté de créer une gamme qui serait à la fois intemporelle et versatile, en employant des couleurs qui voyagent d’une palette à l’autre leur donnant une direction différente à chaque fois.

Cette collection a été construite sur les fondations de quatre piliers, comportant tous un fil invisible qui les relient. Déchirure s'inscrit dans le prolongement des précédentes palettes "L'Écriture" et "Page blanche". Refuge marque le point de rupture entre l'urgence et le besoin de confort. Fleuve et territoire est un hommage au lieu qui peuple notre mémoire. En enfin Amour est une ode à l'amour et à la joie sous toutes ces formes. Bon voyage […]

 

 

01 - Déchirure 

Collage, empiècement, superposition sont des mots qui guident le concept de cette gamme. De l’Écriture à la Page Blanche, on s’en va maintenant vers Déchirure.

La déchirure marque une rupture entre l’état passé et celui du présent. De l’entremêlement de différentes textures et couleurs naissent des formes organiques et floues qui ressemblent tantôt à un pays, tantôt à une petite montagne.

Déchirure est aussi née d’une déambulation urbaine au cours de laquelle je me suis arrêtée face à d’immenses immeubles en passe d’être détruits. On y voyait encore la trace des anciens habitants au travers des murs encore visibles.

Papier fleuries, motifs exotiques ou géométriques, orange, vert ou bleu.

Les couches successives de papier peints se succèdent les unes aux autres, marques du temps qui passe et des nombreuses histoires qu’ils ont pu entendre au cours de leur vie. Les murs ont des oreilles.

02 - Refuge

De l’extérieur vers l’intérieur, l’empilement des différentes couches protègent, réconfortent, garde au chaud.

J’ai longtemps travaillé sur le lien étroit qu’entretiennent le vêtement et la maison puisque pour moi, le vêtement est le refuge du corps, celui qui nous protège du froid, au même titre que cette dernière.

« Leurs applications ont beau être différentes, ces deux domaines [l’habit et l’habitat] procèdent d’une délimitation de l’espace : comme la maison, le tissu est un enclos, une limite, un aménagement du territoire » Vivre habiller, Odile Blanc

03 - Fleuve et territoire

« Le Saint-Laurent est une personne. Notre vie ici baigne dans ses humeurs, dans ses mouvements, dans ses couleurs, dans sa lumière, dans le long chemin des eaux qui va du centre de l’Amérique vers l’océan, vers le monde et le ciel. »

Roméo Bouchard, Gens de mon pays

Cela fait plusieurs années que je roule ma bosse sur les bords du fleuve. La côte Nord, le Kamouraska, Charlevoix, Tadoussac, toutes ces places empreintes de calme où l’air goûte le sel marin.

Pour une fille des montagnes, voyager le long du fleuve, c’est un peu comme aller à la mer au mois d’Avril. Ça débouche les narines et ça fait de la place dans la cage thoracique.

Au fils des années, j’ai compris sans trop savoir comment, tout le pouvoir et l’attraction qu’à le fleuve Saint-Laurent sur les gens qui vivent sur ses berges.

J’ai toujours été émerveillée par les couleurs que ces paysages nous offrent en été. Le mélange est merveilleux et j’avais envie de proposer une gamme qui serait le reflet de ces ressentis.

« Je laisse le territoire m’éparpiller comme les oiseaux migrateurs savent pas se perdre. »
Chauffer le dehors, un recueil de Marie-Andrée Gill

 

04 - Amour

“My activism comes from passion, compassion and love. Not from anger, anxiety, or fear” Satish Kumar, Activiste indien

Dans un monde vide et sans couleur qu’a été celui de l’hiver 2021, cette famille de choix composée de celles et ceux avec qui j’ai gardé contact en temps de confinement et distanciation sociale ont pris un rôle capital. Celui du soutien moral, de la survie, de la vie qui continue. Ce ne sont pas seulement les masques ou les mesures sanitaires qui nous ont maintenu en vie, c’est l’amour pour ceux qui nous entourent. 

 « Home wasn’t a set house, or a single town on a map. It was where the people who loved you were, whenever you were together. Not a place, but a moment, and then another, building on each other like bricks to create a solid shelter that you take with you for your entire life, wherever you may go. » Sarah Dessen

Conclusion

« Toujours en train d’écrire de quoi pour survivre,
J’invente des listes de choses à faire, déconstruis
Les structures fanées de rêves dociles : oignons
Revenus et soupe chaudes, chanterelles et tartes
aux pommes ; nos accidents de bonheur simple.

Même si la suite aplatit les contours, l’attente est
Une lueur sourde sur la matérialité des mots.
Pourtant, je sais quoi faire et pas faire, j’ai le manuel
De ces affaires-là, les rituels.

Quelque chose en moi garde sa lampe allumée –
Une déchirure, pas tout à fait une blessure, plutôt
Comme quand les nuages s’ouvrent là au milieu,
Entre les poumons – une envie qui peut pas
S’empêcher de chercher le trouble, provoquer
La rencontre, essayer n’importe quoi tout à coup que. »

Chauffer le dehors, un recueil de Marie-Andrée Gill

 

Pour voir la liste des couleurs des prochaines préventes collaboratives de 2022, cliquez-ici

 

Lien vers les artistes et les oeuvres qui m'ont inspirés :
Veronique Buist 
Mylène Boisvert
Lucy et Jorge Orta
Craig Green
Robert Rauschenberg
Joseph Beuys

← Article précédent Article suivant →



Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approvés avant d'être affichés

français